Tory Lanez – Cruel Intentions

Je ne suis sûrement pas la seule à avoir eu un petit hoquet ricaneur en lisant ce nom pour la première fois. Quoiqu’il en soit, le jeune rappeur et chanteur de 22 ans a beaucoup fait parler de lui, pas seulement à cause de son nom, ça c’est sûr. Sa voix puissante, qui peut passer de la virilité pure à une voix plus sensuelle, plus langoureuse a charmé sur ses projets précédents, notamment Chixtape I et II et Lost Cause. En plus de chanter et rapper, il utilise sa plume pour donner vie aux morceaux de certains artistes tels que Travi$ Scott, Meek Mill et plusieurs autres.

L’artiste vient tout juste de sortir Cruel Intentions, sa plus récente mixtape, sous l’étiquette du label WeDidIt basé à Los Angeles. Le projet est composé de 5 morceaux qui montrent bien l’étendue de la polyvalence du rappeur, chaque piste étant produite par un beatmaker différent, qui amène une évolution, un changement au fil de l’écoute. Il a réussi à se renouveler côté productions, adoptant des mélodies et des tendances plus originales, qui ne stagnent pas dans le hip-hop traditionnel ou le R&B coulant à la Frank Ocean. (Le R&B coulant à la Frank Ocean est tout de même très apprécié, mettons cela au clair.)

Le tout débute avec Acting Like, produit par Shlohmo, figure illustre de la musique électronique planante qui s’allie aisément au hip-hop et aussi membre fondateur de WeDidIt. Des accents traps moins langoureux que ce à quoi Lanez nous a habitué, le tout est axé sur la puissance de sa voix, l’atmosphère qu’il arrive à créer avec la force qu’il met dans sa manière de chanter, et ça marche. Shlohmo y est allé dans quelque chose de plutôt minimaliste, sans gros artifices ou basses herculéennes, le tout donnant un effet composé et envoûtant.

Puis vient In For It où RL Grime a pris la commande des platines pour donner son accent lourd et plus sombre, sans toutefois aller dans une morbide anxiété. Des basses profondes et résonnantes que Lanez accentue par des passages de rap, allant tout de même dans la voie chantée pour agrémenter ses refrains, et certaines parties de ses couplets, d’une certaine douceur qui contraste très bien avec l’instrumental.

Le troisième morceau, N.I.N.A, produit par Bauuer, est loin de ce qu’on est habitués à se faire livrer de la part de Tory Lanez. Le fond sonore est presque glauque, peu mélodique et rythmé d’une manière bien particulière, presque de manière irrégulière à certains moments. Somme toute, l’autotune est juste et donne un fini particulier à la chanson, pas tout à fait léché, puisque l’effet donné à la voix rend le tout presque caverneux, mais c’est ce qui rend le morceau plus percutant.

Play Picasso a déjà produit plusieurs morceaux pour Tory Lanez dont Fallback, Diego, Grandma’s Crib et bien d’autres. Sur Fallback, on peut entendre des changements de registres, un minimalisme côté instru et le fait que Tory Lanez a bien su modeler le tout à sa manière, ayant tout de suite saisi l’importance de bien choisir moments où mettre l’accent sur la performance vocale et quand il est plus judicieux d’homogéniser voix et musique, l’avantage. Le tout crée une courbe d’écoute, ce qui capte l’attention de l’auditeur et l’amène à analyser davantage l’esthétique sonore du tout.

Puis vient le dernier morceau Honda Civic, produit par D33J, également membre de WeDidIt. Cette piste est probablement celle à laquelle on associe le plus le style originel de Tory Lanez. Ambiance sensuelle, voix posée aux mélodies diverses le tout dans une atmosphère douce et langoureuse qui ravit toujours autant. Comme l’album n’était pas majoritairement composé de chansons dans ce genre, ce n’est pas redondant, c’est seulement une incursion du style dans lequel le chanteur se spécialise.

C’est un projet qui contraste par la différence des morceaux entre eux, passant d’une prod avec des basses intenses et qui sont mises au premier plan, à des pistes où les samples d’instruments divers priment. On sent tout de même une certaine répétivité dans le tout, mais sans que ça déplaise. C’est agréable à l’oreille, dansant et ce qui est sûr, c’est que le jeune homme est en pleine maîtrise de sa voix. Les arrangements vocaux sont impeccables qui plus est, chaque changement ou altération faite est juste et engendre une fusion encore plus optimale entre la musique et le chant.

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