Ducalme, l’entrevue

C’est par un lundi après-midi pluvieux que j’ai eu la chance de m’entretenir avec les deux créateurs du tout nouveau label artistique Ducalme. Qui sont les deux membres en question? Julien Bergeron, mieux connu sous le nom de BLVDR, DJ et producteur, et Louis Esposto, DJ, producteur et vidéaste. Ils ont fondé à eux deux ce regroupement artistique qui a un objectif bien différent de ce qui se fait habituellement.

Pour comprendre leur projet, ils ont eu la gentillesse de m’expliquer bien plus qu’en détails les fonctions et objectifs de leur rejeton.

Luca : On va commencer simplement, pourquoi est-ce que vous avez débuté le projet de créer ce label ?

Julien : J’imagine que chacun de nous avait une raison différente…

Louis : Je pense qu’à ce moment-là , toi t’étais un peu chaud… (rires)

Julien : Non, mais j’imagine qu’on a chacun notre vision de ce projet et que ça se rejoint tout de même à quelque part, mais à la base, quand on a décidé de démarrer le projet, ça fait un moment en fait, on s’est juste lancés l’idée comme ça. On trouvait déjà le nom vraiment cool, ça concordait avec notre rythme de vie.

Louis : C’est qu’on a toujours voulu montrer aux gens qu’est-ce que notre philosophie était et regrouper nos amis dans un tout. Au départ, on voulait que ce soit un collectif, même avant de trouver le nom, on avait toujours eu ce rêve d’être plusieurs individus ensemble et de faire quelque chose de très créatif, mais d’encadré puis de se montrer tous sous une même image.

Julien : Et ça s’est vraiment développé avec le temps. Au départ, on voulait juste créer un mouvement, faire quelque chose avec des amis qui étaient rejoints par la même passion et on voyait qu’il y avait une possibilité de le faire, ça se faisait même un peu naturellement. Alors on s’est dit pourquoi pas réaliser le projet et l’encadrer !

Julien Bergeron - BLVDR

Julien Bergeron – BLVDR

Louis : Au départ, c’était tellement abstrait, donc ça n’a jamais réellement pris forme et peut-être qu’on n’était pas non plus assez matures à ce moment-là pour prendre le lead, parce qu’au départ on voulait aussi que tout le monde ait son mot à dire sur l’aspect créatif.

Dans notre tête, tout le monde devait approuver les aspects administratifs, le choix du logo pourrait être un bon exemple, mais on s’est rendus compte qu’avoir 10 producers autour d’une table, ça rendait impossible l’objectif de rendre le tout harmonieux et c’est surtout impossible quand tu commences un projet d’absolument rien.
Si tu n’as pas déjà une base concrète, c’est difficile. Ajouter quelque chose à un projet déjà créé, ça c’est faisable. Mais initier quelque chose et le monter de A à Z, c’est impossible.

Julien : Il y a beaucoup d’opinions divergentes entre artistes, on est tous des têtes fortes, ou presque. Nous, on voulait créer notre petit monde, notre petite communauté, puis les gens qui se sentent interpelés allaient pouvoir utiliser cette plateforme-là pour avoir plus de visibilité.

Louis : Si on revient un peu dans le temps, ça fait peut-être 3 ans que le mot Ducalme trotte dans nos têtes, on savait que c’était notre emblème. Mais c’est juste depuis que je suis revenu de Jonquière en mai cette année, que tout a commencé à s’officialiser, que c’est devenu sérieux. Je veux dire, j’étais pas ici, donc une fois revenu on pouvait vivre ensemble et je pense que ce qui est à la base du projet, c’est une amitié et ça ça s’est bâti et se bâtit encore au fil du temps. Collaborer et prendre des nouvelles par Skype, oui c’est cool, mais c’est clairement pas aussi efficace. C’est différent de vivre ensemble…

Louis Esposto - Bricoles

Louis Esposto – Bricoles

Julien : Puis veut veut pas, vivre ensemble, ça nous fait vivre les mêmes expériences et notre art reflète ce qu’on vit. Se retrouver ensemble c’était juste beaucoup plus propice au partage de ce qu’on voulait tous les deux transmettre par nos créations.

Louis : Au fond, ducalme c’était mettre en images, en mots et en sons notre expérience de la vie. C’est l’essence de notre projet et une fois que ça c’est fait et qu’on l’a mis en œuvre, que c’est disponible aux autres, les gens peuvent se sentir inspirés par qu’est-ce qu’on vit et donc venir s’y rattacher et joindre l’espèce de famille qu’on tente de former.

Julien : …et même là en laissant place à la subjectivité et à la perception de chacun, tu en fais ce que t’en veux, ducalme c’est une base commune. Louis et moi sommes attirés par des choses belles, mais simples. Donc n’importe qui aimant la qualité et aimant apprécier les choses simples, mais agréables, va se sentir interpelé, venir se greffer au label et faire grandir sa propre branche.

Louis : C’est un peu large, mais pour l’instant c’est basé sur la musique, mais ça pourrait aussi devenir les images, le vidéo et toutes formes d’art.

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Luca : Vous avez tous les deux une expérience professionnelle, est-ce que vous pourriez nous parler de ce background qui pourrait vous aider à justement mieux encadrer l’expérience.

Julien : Déjà, on a tous les deux fait quelques shows de nos côtés et on venait de milieux différents, Louis était plus dans la scène électro au départ, les raves et tout ça. Je n’étais pas vraiment dans la scène rave, j’aimais ça y participer une fois de temps en temps, mais moi je voulais vraiment juste mixer peu importe où c’était.
Ça faisait des années que j’étais intéressé par ces machines-là et le fait que je pouvais assembler des morceaux ensemble, je trouvais ça incroyable . Donc je connaissais déjà les instruments avant même de les avoir sous la main. C’est parti d’une curiosité et avec Internet maintenant c’est tellement accessible, tu achètes des pièces d’équipement, tu commences à expérimenter et veut veut pas, t’arrives à quelque part, tu fais des essais et des erreurs et ça donne quelques chose au final! C’est parti comme ça au primaire, en agençant des loops ensemble et c’est devenu plus sérieux au secondaire avec Rooots, du travail plus appliqué et des shows plus sérieux.

On a tous les deux aussi des projets solos, un album Bandcamp gratuit et sinon j’ai fait quelques gigs dans des partys de session des CEGEP et au salon Daomé, j’ai monté la trame sonore du défilé de mode de la Vie en Rose (eh oui), j’ai travaillé au festival MURAL et j’ai aussi participé à des trucs plus professionnels avec la Fédération des CEGEP. Ce n’est pas toujours amusant non plus, mais des fois il faut faire un peu d’argent (rires).
Mais tout ça ça m’a vraiment donné une expérience surtout en PR (Relations Publiques), dealer avec les gens, leur parler, beaucoup de blabla au fond. C’est sizer les personnes et être capable de trouver un terrain d’entente, de faire du donnant-donnant et que ça convienne réellement à tous. Il faut être vigilant, il y a toujours des gens qui veulent t’arnaquer.

Louis : Julien l’a naturellement ! J’ai de la difficulté à passer par-dessus l’hypocrisie des gens, le promoteur de la soirée avec qui tu dois faire ami-ami, ce n’est pas toujours facile. Il y a de l’alcool en jeu, tu sens que tu n’es pas toujours à 100% écouté, tu n’as pas la même mentalité que lui, que ce soit par rapport à la musique ou en dehors de ça.

Julien : Ça peut être exigeant.

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Louis : Généralement les gens qui gèrent les événements sont un peu plus vieux, et puisqu’on est jeunes, généralement, les préjugés viennent avec. Donc, si nous en tant que jeunes on arrive à se faire une place respectable avec ducalme et que toi tu es jeune et que tu viens avec nous puis que tu endosses le nom, ça te donne déjà un avantage par rapport à tous les autres jeunes à Montréal. Les promoteurs auront dans l’idée que oui ce gars-là est jeune, mais il est avec ducalme et ils sont sérieux et professionels. Ça serait l’idéal pour nous, de bâtir une place respectable en tant que jeunes et d’être respectés.

Julien : et ça en vient avec les objectifs à long terme et à court terme, c’est vraiment notre objectif à court terme. Y aller plus localement, commencer par se familiariser avec les bars, parler aux gens qui dirigent les bars, puis qui booke les artistes. C’est beaucoup une game de connaître les gens, avoir les contacts.

Luca : Est-ce que ducalme se caserait dans un style de musique en particulier ou si vous êtes vraiment ouverts à tout, en autant que ça vous plaise, que ça ait du potentiel?

Louis : Je te dirais qu’il y a un entre-deux, on est assez ouverts, mais il ne faut pas non plus se mentir et dire qu’on a de l’expertise dans tous les styles de musique. On produit principalement de la musique électronique, on écoute aussi de la musique acoustique de temps à autres. Je n’irai pas jusqu’à release un style dans lequel je ne suis pas à l’aise de savoir si c’est réellement de la qualité ou non. Je veux être capable de gérer, de donner des conseils aux artistes. J’aimerais release des gens qui sont meilleurs que moi, pour sûr, mais il faudrait que ce soit dans un style où je suis réellement capable de jauger le potentiel et le talent de la personne. Par contre, dans le futur, qui sait comment on va évoluer…

Julien : Pour l’instant, on parle de ce qu’on aime, on veut propager ce qu’on connaît, ça se limite un peu à l’électronique. On est fans de hip-hop, on est fans de house…

Louis : Mais, qui se ressemble s’assemble ! Si on ne recherche pas des gens d’autres styles et que notre catalogue se résume seulement à des artistes hip-hop et de la scène électronique, je ne pense pas que des artistes de métal vont venir d’eux-mêmes nous approcher. Surtout en voyant le nom du projet! (rires)

Julien : On est très ouverts, on veut juste de la qualité et sortir de la bonne musique. Je pense aussi que notre oreille ne nous ment pas et ton feeling ment encore moins. Quand tu entends une chanson, tu sais directement si elle va te marquer ou non, elle te fait vivre quelque chose. On veut donc sortir des choses qui nous bougent, qui nous touchent, qui nous marquent.

Luca : Louis, tu as réalisé ton clip, Le Radar, est-ce que vous compteriez dans le futur faire des collaborations avec des artistes qui font autres choses que de la musique, soit des artistes visuels, photographes, vidéastes, etc. ?

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Julien : Clairement, dans le futur, on est vraiment partants pour toutes les formes d’art. Toutefois, il va falloir qu’on commence par se forger du côté musical et se baser là-dessus, ça va être notre racine, ça va partir de cela. On veut avoir une base solide et éventuellement entremêler les différents médias artistiques, c’est harmonieux joindre le tout.

Louis : Le pilier central ça va être la musique et ce qui gravite autour ça peut être vraiment n’importe quelle forme d’art, on est ouverts à tout. Si un artiste nous proposait par exemple de réaliser un vidéoclip sur une chanson qu’il a aimée, on aurait quand même un droit de regard et le dernier mot sur la chose.

Julien : C’est dur toutefois d’installer une limite entre la liberté créative de l’autre et ce que tu considères comme étant legit à publier, assumer ton rôle au fond.

Louis : C’est là toutefois que notre encadrement entre en jeu, on fait les choix difficiles, pour le bien de tous idéalement. Si on n’aime pas quelque chose qu’un artiste nous propose, on va lui en faire part ! On ne veut pas sortir des chansons pour sortir des chansons, on veut créer ducalme pour donner de la qualité aux auditeurs, tenter de les inspirer et de leur montrer du contenu différent.

Julien : Pour l’instant on est dans une atmosphère de tout vouloir faire nous-mêmes pour en apprendre le plus possible, mais à un certain moment on va réaliser qu’il va falloir se poser de petites frontières, qu’il va falloir déléguer.

Luca : Est-ce que vous avez des projets à annoncer, des shows qui s’en viennent, des trucs qui vont sortir ?

Louis : Pour l’instant, on ne croit pas. L’album est sorti, c’est un gros morceau. C’est ça qui va crédibiliser aussi le projet ducalme. On ne voulait pas lancer une page Soundcloud et n’avoir aucun contenu à publier sur ladite page. Pour l’instant, on recrute tranquillement, on parle à des gens qui nous allument et avec qui on serait intéressés à travailler. On n’a pas de calendrier en tant que tel, mais on est sur une lancée ! Il va y avoir ton article qui va sortir, qui va pouvoir présenter le projet un peu plus clairement aux gens qui sont un peu ou très perplexes par rapport à ce que c’est.

Julien : Il y a beaucoup de noms associés en plus à ce projet, alors ça va permettre d’éclaircir les choses. Et on est toujours en train de faire de la musique, on ne peut rien annoncer, je ne donne jamais de date de toute façon pour mes projets. De la musique va sortir, pour sûr, vous n’allez pas être déçus et on a hâte que ça roule !
La boule de neige va débouler.

La page Soundcloud de ducalme est accessible juste ici.
Si vous êtes un musicien intéressé à en savoir plus, vous pouvez contacter Julien Bergeron ou Louis Esposto. Pourquoi ne pas tenter votre chance!

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